Séminaires et groupes de travail

ÉTUDE DU SEMINAIRE « LES NON DUPES ERRENT » LACAN 1973-1974
Pascale Pennel avec Christophe Soulier

« ACTE ANALYTIQUE, ACTION POLITIQUE »
Christophe Scudéri

Cure analytique, psychothérapie analytique, psychothérapie d’inspiration analytique
Christophe Scudéri, avec Jean-Yves Deshuis, Kristina Herlant-Hémar

QUESTIONNER L’ENIGME DE LA JOUISSANCE FEMININE
Françoise Trémolières

SUR LE RAVAGE
Michèle Weiss-Vierling

LE PAS DE DEUX DE LA SEXUATION
Daniel Weiss



ÉTUDE DU SEMINAIRE « LES NON DUPES ERRENT » LACAN 1973-1974
Pascale Pennel avec Christophe Soulier

« Les non dupes errent » consonne avec « les noms du pères », séminaire interrompu 10 ans plus tôt.

C’est le séminaire que nous avons choisi de travailler cette année. Nous allons y retrouver quelques thèmes abordés lors de l’étude du séminaire « Encore ». En particulier, le lien entre Amour et ab- sence de rapport sexuel : Amour suspendu entre le nécessaire (Ce qui ne cesse pas de s’écrire) et le contingent (Ce qui cesse de ne pas s’écrire). L’Amour reconnaissance…

Mais d’autres angles de vue s’y déploient : la lettre d’amour par exemple comme « ce qui ne cesse pas de s’écrire » et le lien entre amour et nom du père.

Comment l’amour s’exprime-t-il chez ceux pour qui le passage par l’œdipe n’a pas été déterminant ?

Pour les non dupes de l’inconscient, pour ceux qui errent, de quel nouage s’agit-il. ? Il sera question de la place de l’imaginaire, et de la jouissance du corps. En passant par l’occulte, Lacan fait une dis- tinction éclairante entre la position du devin et cette de l’analyste. Là où le devin porte son regard sur des particularités dénombrables et s’adresse au corps de jouissance., l’analyste reste dans l’attention flottante, et c’est en cela que du contingent peut advenir.

Pour enrichir notre lecture, outre nos apport personnels et cliniques, nous nous aiderons d’un certain nombre d’ouvrages :

  • L’Affaire Freud-Hirschfeld. Une valse- hésitation avec l’occulte Gloria Leff
  • Du désaveu à l’errance, un préalable à la perversion et à d’autres phénomènes Suzanne Ginestet-Delbreil Lacan, lecteur de Joyce Colette Soler
  • L’amour Lacan Jean Allouch

*

Le groupe se réunit une fois par mois, pour le moment par skype. Il ne nous est pas possible, vu le nombre de personnes déjà inscrites, d’accueillir plus d’une personne

Pascale Pennel : 06 70 31 20 77
Christophe Soulier : 06 38 22 20 74



« ACTE ANALYTIQUE, ACTION POLITIQUE »
Christophe Scudéri


Que ce soit l’acte analytique ou l’action politique ils ont chacun pour but de changer la donne. Mais là où le premier vise une mutation subjective, le second escompte une transformation sociale. La psychanalyse ne serait-elle donc pas politique ? Pourtant, en prenant en charge le désir forclos de la science la psychanalyse ne vient-elle pas contrecarrer l’idéologie scientiste qui gouverne notre époque ? Est-elle dès lors en soi acte politique ? La frontière entre acte analytique et action politique est-elle si tranchée que cela ? Plus fondamentalement n’y aurait-il pas lieu de distinguer l’acte de l’action ?

Par suite, ce rapprochement « psychanalyse et politique » nous permettra d’interroger l’acte analy- tique dans ce qu’il pourrait avoir de singulier jusques et y compris dans ce qu’il aurait de potentielle- ment transgressif. En quoi consiste-t-il ? L’interprétation, la construction, la scansion sont-ils à ran- ger dans les dits « actes analytiques » ? Est-il réductible à l’acte d’une passe : de l’analysant à l’analyste ? Est-il rupture, renversement dialectique, promesse, autre chose encore ? Et à quelles conditions se produit-il ? Et avec quels effets attendus ou inattendus ?

Pour ce faire, nous nous aiderons de toutes les ressources disponibles, psychanalytique bien sûr mais aussi historique, philosophique ainsi qu’artistique, pour alimenter notre réflexion.

Ce séminaire se tient à la Maison des Associations à Lille, le quatrième vendredi du mois.

J’invite toute personne intéressée par ce séminaire à me contacter au préalable à l’adresse suivante : scuderi.christophe@wanadoo.fr



Cure analytique, psychothérapie analytique, psychothérapie d’inspiration analytique
Christophe Scudéri, avec Jean-Yves Deshuis, Kristina Herlant-Hémar

Quand on examine les pratiques qui s’appuient sur l’hypothèse de l’inconscient, on constate qu’elles mettent en œuvre des dispositifs très divers : le divan, le face-à-face, dans des contextes distincts : institution, libéral ainsi que des acteurs venus d’horizons différents : psychanalyste, psy- chologue, psychothérapeute, psychiatre… Or, il est habituel – au point de considérer que cela va de soi et qu’il n’y a donc pas lieu de l’interroger– de penser ces pratiques à l’aune de la seule cure analytique comme si cette dernière était nécessairement l’étalon depuis lequel devait être exami- née toute pratique dès lors qu’elle se réfère à l’inconscient. Or, cette assimilation rend-elle bien compte de la réalité de ces différentes expériences ? Pire, ne risque-t-elle pas à la fois de masquer l’expérience singulière qu’est chacune, inassimilable à aucune autre, et à la fois de dissoudre le nœud vif de la cure analytique dans un malstrom informe dont elle sortirait édulcorée et finale- ment dévoyée ? Même si elles travaillent avec l’hypothèse de l’inconscient, les thérapies analy- tiques « non-canoniques » ne mettent-elle pas en jeu d’autres phénomènes, mécanismes, proces- sus que dans la cure type ? Aussi, afin de nous extirper de cet écheveau par trop piégeux, et d’être au plus près des divers réels en question, nous proposons de reprendre chacune de ces pratiques à partir de ce qu’elles sont et non de ce qu’elles devraient être a priori. En guise de base de départ, base qui pourra être contestée au fil de notre cheminement, nous proposons de distinguer trois types de pratiques opérant depuis l’hypothèse de l’inconscient, à savoir : la cure type, la psycho- thérapie analytique en tant qu’exercice en libéral d’une psychothérapie se déployant en face à face, et la psychothérapie d’inspiration analytique en tant que psychothérapie menée en institution que ce soit à l’hôpital ou en centre médico psychologique, en face à face voire sur le divan. Au titre de méthode, nous avons choisi de nous appuyer sur les concepts de la psychanalyse que nous ferons travailler tour à tour dans chacune des pratiques énoncées, en cherchant notamment à dégager le seuil depuis lequel un concept vient à énoncer la singularité d’un exercice particulier tout en s’écartant simultanément d’une base commune à l’ensemble des pratiques examinées, quitte à ce qu’il appelle sa redéfinition en bout de course. Pour l’essentiel, nos références théoriques seront puisées dans les œuvres de Freud et de Lacan sans pour autant nous interdire des apports issus d’autres psychanalystes voire de champs extérieurs à la psychanalyse tels la philosophie, la littéra- ture, le cinéma, etc.

Au-delà de toutes considérations théoriques, notre objectif premier est de travailler à quelques- uns à partir des questions soulevées par nos pratiques nécessairement singulières.

Les séances ont lieu le deuxième lundi du mois, de 20h à 22h, à la Maison des associations à Lille. Nous invitons toute personne intéressée par cette proposition à contacter : scuderi.christophe@wanadoo.fr



QUESTIONNER L’ENIGME DE LA JOUISSANCE FEMININE
Françoise Trémolières

Pour cela nous pourrions, à partir de deux textes de S.Freud :

  •  » Fragment d’une analyse d’hystérie » (1905) Dora, Cinq psychanalyses – Paris, PUF, 1954, pp.1-91
  • « Sur la psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine »(1920),Névrose, psychose et perversion- Paris, PUF,1973, pp.245-270

Nous questionner sur ce qui anime la sexualité féminine et suivre, là où l’inventeur de la psycha- nalyse s’est heurté à une impasse, Jacques Lacan, lecteur de Freud, qui s’est attaché à questionner l’énigme de la jouissance féminine et son indicibilité. Là plusieurs étapes au cours de son ensei- gnement nous amèneront à lire ou relire certains textes tels :

  • « Interventionsurletransfert »(1951),Ecrits,Paris,Seuil,pp.215-226
  • « Propos directifs pour un Congrés sur la sexualitéf éminine »;(1958), Ecrits,1966,pp.725-735 aussi certains passages des
  • Séminaire III, les Psychoses (1955-1956), texte établi par Jacques-Alain Miller, 1981
  • Séminaire IV, La Relation d’objet (1956-1957), texte établi par jacques-Alain Miller, 1994
  • Séminaire X, l’Angoisse (1962-1963), texte établi par Jacques-Alain Miller, 2004
  • Séminaire XVII, L’Envers de la psychanalyse, 1969-1970 texte établi par Jacques-Alain Miller, 1991

Également un article de Clotilde Leguil « Sur l’indicible de la féminité: Dora avec Lacan », dans Lire Lacan au XXIème siècle, Éditions Champ social, 2019

Ce qui nous amènera à questionner ce qu’il en est aujourd’hui où notre époque prône plutôt l’exi- gibilité et l’immédiateté de la jouissance via les dictats des médias ou des réseaux sociaux mais aussi parfois d’une aide médicamenteuse.

La jouissance aujourd’hui paraît se présenter comme une exigence, voire un dû qui, en cas de dé- faillance pourrait induire une demande de réparation.

Mais qu’en est-il dans la clinique psychanalytique, au quotidien de notre pratique ?

le groupe est ouvert
Le premier mercredi du mois à partir d’octobre
20 appartement 2 (rdc) rue l’abbé Lemire Résidence du Centre 59110 la Madeleine

Contacter Françoise Trémolières au 06 81 66 39 82



Sur le ravage
Michèle Weiss-Vierling

…trouver son sol dans l’absence de sol,
prendre appui dans le défaut de tout appui
Catherine Millot (« Abîmes ordinaires »)

« L’élucubration freudienne du complexe d’Œdipe qui y fait la femme poisson dans l’eau de ce que la castration soit chez elle de départ (Freud dixit) contraste douloureusement avec le fait du ravage qu’est chez la femme, pour la plupart, le rapport à sa mère, d’où elle semble bien attendre comme femme plus de subsistance que de son père-ce qui ne va pas avec lui étant second, dans ce ravage.»

Lacan écrit ces lignes au temps de son élaboration de la position féminine en reprenant autrement ce que Freud avait aperçu, si on ne se contente pas d’une lecture réductrice ramenant la position féminine au pé- nis-neid :

  • que le savoir de l’inconscient ne dit pas tout et, notamment, du sexe féminin. D’où la question « Que veut une femme ? »
  • que la métaphore paternelle ne sépare qu’imparfaitement une fille de sa mère. L’œdipe d’une fille ne serait qu’une « structure secondaire », laissant des « restes « d’attachement à la mère à laquelle une femme peut rester fixée sa vie durant.

Freud parlait de « catastrophe » pour évoquer l’obstacle que représente pour la féminité la fidélité d’une fille à sa mère. Y a-t-il pourtant une femme qui, d’une façon ou d’une autre, ne reste pas fidèle à sa mère – ce dont témoignent les difficultés rencontrées dans l’analyse ?

Lacan situe la position féminine comme étant celle d’un dédoublement : une femme serait partagée entre jouissance phallique et jouissance Autre, entre sens et absence. Le ravage serait l’un des effets de cette di- vision, de ce dédoublement qui confronte la femme au défaut dans le symbolique. Il n’y a pas de trait qui peut l’identifier comme femme, pas de signifiant qui définirait sont identité sexuelle… rien qui lui donne- rait une « subsistance », un plus d’être. Il n’empêche qu’une femme attend très fréquemment de sa mère ce savoir impossible. Cette attente démesurée et douloureuse à l’égard de la mère en position d’idéal est ce qui ravage la fille, au risque de sa subjectivité désirante et de l’exil de sa féminité.

Pour Lacan le ravage est un fait de structure lié au défaut du symbolique, à la faille de l’Autre et non pas le signe des ratages circonstanciels de la relation entre une fille et sa mère.

Je vous propose de reprendre un certains nombre de textes traitant de la sexualité féminine (des textes psychanalytiques, mais aussi des œuvres littéraires) afin de préciser ce qu’on entend par ce terme de ravage. Mais aussi pour essayer de comprendre quels peuvent en être les effets pour les femmes lorsqu’au cours de leur vie, elles rencontrent ruptures, deuils, échecs qui parfois ne les laissent pas hors des « folles retrou- vailles » avec la jouissance maternelle : moments de mélancolisation, de dépersonnalisation ? Marie Pe- senti-Irrmann en parle comme d’une clinique de l’hémorragie.

Pour certaines adolescentes, l’anorexie n’est-elle pas un symptôme qui fait barrage au ravage là où l’appel au père ne serait pas entendu ? Certains symptômes ne seraient-ils pas une solution de suppléance à la faille laissée par l’absence de trait d’identification ?

Dans les cures de femmes, comment le ravage peut-il venir habiter le transfert ? La cure ouvrirait-elle à un au-delà du ravage ?

Le travail commencé en 2018 se poursuit cette année.

Ceux et celles qui sont intéressés par ce groupe de travail peuvent prendre contact en m’envoyant un mail : michele.vierling@free.fr



LE PAS DE DEUX DE LA SEXUATION
Daniel Weiss


Avec la psychanalyse l’appartenance sexuée, et la (co)existence de deux sexes distincts per- dent de leur évidence. Cela commence pour Freud avec les toutes premières considérations sur la « bisexualité psychique », référence qui traverse toute son œuvre. Cela continue avec la dissymétrie imposée par le « primat du phallus dans les deux sexes », et aboutit à la butée sur le « roc de la castration ». L’expérience clinique quotidienne ne fait que souligner la complexité de l’identification sexuée, masculine ou féminine : il ne suffit pas de se présenter comme homme ou femme pour se croire, ou se savoir, tel(le).

Lorsqu’il essaie de rendre compte de cette complexité de l’identification sexuée, et particu- lièrement du destin féminin, Freud prend appui sur les présupposés propres à son époque. Cela lui est suffisamment reproché par les modernes contempteurs de la psychanalyse. Mais en mettant en évidence le « pas de deux » du sexe et ses conséquences pour la subjectiva- tion, il cerne un réel qui est le lot de chaque parlant, et que ne réduisent pas les prises de position idéologiques. Lacan reviendra sur ce réel dans le champ qui est proprement le sien, celui des jouissances.

La tenue du séminaire est pour l’instant mise en suspens compte-tenu de la difficulté d’envisager des rencontres et de proposer une forme de travail par écrans interposés. Je n’exclus pas l’éventualité d’une forme écrite pour la suite.