Séminaires et groupes de travail

« Le champ des sirènes »
Etude du séminaire » L’éthique de la psychanalyse » – Lacan 1959-1960
Pascale Pennel avec Christophe Soulier

« ACTE ANALYTIQUE, ACTION POLITIQUE »
Christophe Scudéri

Cure analytique, psychothérapie analytique, psychothérapie d’inspiration analytique
Christophe Scudéri, avec Jean-Yves Deshuis, Kristina Herlant-Hémar

QUESTIONNER L’ENIGME DE LA JOUISSANCE FEMININE
Françoise Trémolières

SUR L’AMOUR
Michèle Weiss-Vierling

L’impasse sexuelle, fictions et semblants
Daniel Weiss


Le champ des sirènes
Etude du séminaire « L’éthique de la psychanalyse »
Lacan 1959-1960.
Pascale Pennel avec Christophe Soulier

« Le chant des sirènes », c’est ainsi que Lacan, en 1959, nomme ironiquement « la pastorale freudienne », celle qui pourrait laisser croire que la levée du refoulement, l’apaisement du sentiment de culpabilité, l’apprivoisement de la jouissance perverse, l’amour génital, permettraient l’accès, au terme de l’analyse, à une forme d’harmonie.

Lacan s’attaque à ces idéaux, avec Freud, Aristote, mais aussi Sade et Kant, à qui il consacrera un écrit deux ans plus tard.

Dans ce séminaire, Lacan propose une éthique qui ne se réfère pas au bien et au mal mais au désir, qu’il différencie du plaisir et de la jouissance.

Il interroge l’opposition supposée entre principe de plaisir et principe de réalité. Il s’intéresse aux différentes formes que peuvent prendre l’objet du désir, Inaccessible par la figure de « la dame » dans l’amour courtois par exemple. Et l’ombre de « l’objet a » apparait déjà lorsqu’il évoque les rapports du sujet avec ce qui serait foncièrement perdu. 

« Wo es war, soll ich werden ». Là, où c’était, je dois advenir »

« Je » s’affronte à ce qui lui est le plus étranger, «  das ding », «  la chose », « l’extime ». Ce lieu de la chose innommable c’est l’au- delà du principe de plaisir. C’est le réel que Lacan aborde  ici pour la première fois dans ses séminaires, en articulation avec le symbolique et l’imaginaire. Ce qu’il nommera « l’éthique tragique de la psychanalyse », en particulier avec la figure féminine d’Antigone, c’est le destin que tout analysant devrait affronter ; Une jouissance, entrave à son désir, et voie de son désir.  .

La fin du séminaire sonne comme une prophétie concernant la science, qui, avec la passion du savoir, prend la place du désir.

Qu’en est-il 60 ans plus tard ? 

Le groupe de travail se réunira le lundi soir, une fois par mois. Il ne peut pas accueillir pour le moment de nouveaux membres.



« ACTE ANALYTIQUE, ACTION POLITIQUE »
Christophe Scudéri


Que ce soit l’acte analytique ou l’action politique ils ont chacun pour but de changer la donne. Mais là où le premier vise une mutation subjective, le second escompte une transformation sociale. La psychanalyse ne serait-elle donc pas politique ? Pourtant, en prenant en charge le désir forclos de la science la psychanalyse ne vient-elle pas contrecarrer l’idéologie scientiste qui gouverne notre époque ? Est-elle dès lors en soi acte politique ? La frontière entre acte analytique et action politique est-elle si tranchée que cela ? Plus fondamentalement n’y aurait-il pas lieu de distinguer l’acte de l’action ?

Par suite, ce rapprochement « psychanalyse et politique » nous permettra d’interroger l’acte analy- tique dans ce qu’il pourrait avoir de singulier jusques et y compris dans ce qu’il aurait de potentielle- ment transgressif. En quoi consiste-t-il ? L’interprétation, la construction, la scansion sont-ils à ran- ger dans les dits « actes analytiques » ? Est-il réductible à l’acte d’une passe : de l’analysant à l’analyste ? Est-il rupture, renversement dialectique, promesse, autre chose encore ? Et à quelles conditions se produit-il ? Et avec quels effets attendus ou inattendus ?

Pour ce faire, nous nous aiderons de toutes les ressources disponibles, psychanalytique bien sûr mais aussi historique, philosophique ainsi qu’artistique, pour alimenter notre réflexion.

Ce séminaire se tient à la Maison des Associations à Lille, le quatrième vendredi du mois.

J’invite toute personne intéressée par ce séminaire à me contacter au préalable à l’adresse suivante : scuderi.christophe@wanadoo.fr



Cure analytique, psychothérapie analytique, psychothérapie d’inspiration analytique
Christophe Scudéri, avec Jean-Yves Deshuis, Kristina Herlant-Hémar

Quand on examine les pratiques qui s’appuient sur l’hypothèse de l’inconscient, on constate qu’elles mettent en œuvre des dispositifs très divers : le divan, le face-à-face, dans des contextes distincts : institution, libéral ainsi que des acteurs venus d’horizons différents : psychanalyste, psy- chologue, psychothérapeute, psychiatre… Or, il est habituel – au point de considérer que cela va de soi et qu’il n’y a donc pas lieu de l’interroger– de penser ces pratiques à l’aune de la seule cure analytique comme si cette dernière était nécessairement l’étalon depuis lequel devait être exami- née toute pratique dès lors qu’elle se réfère à l’inconscient. Or, cette assimilation rend-elle bien compte de la réalité de ces différentes expériences ? Pire, ne risque-t-elle pas à la fois de masquer l’expérience singulière qu’est chacune, inassimilable à aucune autre, et à la fois de dissoudre le nœud vif de la cure analytique dans un malstrom informe dont elle sortirait édulcorée et finale- ment dévoyée ? Même si elles travaillent avec l’hypothèse de l’inconscient, les thérapies analy- tiques « non-canoniques » ne mettent-elle pas en jeu d’autres phénomènes, mécanismes, proces- sus que dans la cure type ? Aussi, afin de nous extirper de cet écheveau par trop piégeux, et d’être au plus près des divers réels en question, nous proposons de reprendre chacune de ces pratiques à partir de ce qu’elles sont et non de ce qu’elles devraient être a priori. En guise de base de départ, base qui pourra être contestée au fil de notre cheminement, nous proposons de distinguer trois types de pratiques opérant depuis l’hypothèse de l’inconscient, à savoir : la cure type, la psycho- thérapie analytique en tant qu’exercice en libéral d’une psychothérapie se déployant en face à face, et la psychothérapie d’inspiration analytique en tant que psychothérapie menée en institution que ce soit à l’hôpital ou en centre médico psychologique, en face à face voire sur le divan. Au titre de méthode, nous avons choisi de nous appuyer sur les concepts de la psychanalyse que nous ferons travailler tour à tour dans chacune des pratiques énoncées, en cherchant notamment à dégager le seuil depuis lequel un concept vient à énoncer la singularité d’un exercice particulier tout en s’écartant simultanément d’une base commune à l’ensemble des pratiques examinées, quitte à ce qu’il appelle sa redéfinition en bout de course. Pour l’essentiel, nos références théoriques seront puisées dans les œuvres de Freud et de Lacan sans pour autant nous interdire des apports issus d’autres psychanalystes voire de champs extérieurs à la psychanalyse tels la philosophie, la littéra- ture, le cinéma, etc.

Au-delà de toutes considérations théoriques, notre objectif premier est de travailler à quelques- uns à partir des questions soulevées par nos pratiques nécessairement singulières.

Les séances ont lieu le deuxième lundi du mois, de 20h à 22h, à la Maison des associations à Lille. Nous invitons toute personne intéressée par cette proposition à contacter : scuderi.christophe@wanadoo.fr



QUESTIONNER L’ENIGME DE LA JOUISSANCE FEMININE
Françoise Trémolières

Pour cela nous pourrions, à partir de deux textes de S.Freud :

  •  » Fragment d’une analyse d’hystérie » (1905) Dora, Cinq psychanalyses – Paris, PUF, 1954, pp.1-91
  • « Sur la psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine »(1920),Névrose, psychose et perversion- Paris, PUF,1973, pp.245-270

Nous questionner sur ce qui anime la sexualité féminine et suivre, là où l’inventeur de la psycha- nalyse s’est heurté à une impasse, Jacques Lacan, lecteur de Freud, qui s’est attaché à questionner l’énigme de la jouissance féminine et son indicibilité. Là plusieurs étapes au cours de son ensei- gnement nous amèneront à lire ou relire certains textes tels :

  • « Interventionsurletransfert »(1951),Ecrits,Paris,Seuil,pp.215-226
  • « Propos directifs pour un Congrés sur la sexualitéf éminine »;(1958), Ecrits,1966,pp.725-735 aussi certains passages des
  • Séminaire III, les Psychoses (1955-1956), texte établi par Jacques-Alain Miller, 1981
  • Séminaire IV, La Relation d’objet (1956-1957), texte établi par jacques-Alain Miller, 1994
  • Séminaire X, l’Angoisse (1962-1963), texte établi par Jacques-Alain Miller, 2004
  • Séminaire XVII, L’Envers de la psychanalyse, 1969-1970 texte établi par Jacques-Alain Miller, 1991

Également un article de Clotilde Leguil « Sur l’indicible de la féminité: Dora avec Lacan », dans Lire Lacan au XXIème siècle, Éditions Champ social, 2019

Ce qui nous amènera à questionner ce qu’il en est aujourd’hui où notre époque prône plutôt l’exi- gibilité et l’immédiateté de la jouissance via les dictats des médias ou des réseaux sociaux mais aussi parfois d’une aide médicamenteuse.

La jouissance aujourd’hui paraît se présenter comme une exigence, voire un dû qui, en cas de dé- faillance pourrait induire une demande de réparation.

Mais qu’en est-il dans la clinique psychanalytique, au quotidien de notre pratique ?

le groupe est ouvert
Le premier mercredi du mois à partir d’octobre
20 appartement 2 (rdc) rue l’abbé Lemire Résidence du Centre 59110 la Madeleine

Contacter Françoise Trémolières au 06 81 66 39 82



Sur l’amour
Michèle Weiss-Vierling

 » Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre
la souffrance que lorsque nous aimons
« 
Freud Malaise dans la civilisation

 » Ce que notre pratique nous révèle c’est que le 
savoir inconscient à un rapport avec l’amour
« 
Lacan « Propos sur l’hystérie » Intervention à Bruxelles,
Quarto N° 2 1981

Le travail commencé en 2018 se poursuit cette année par la lecture du séminaire de François Perrier sur l’amour, publié dans son recueil La chaussée d’Antin, tout particulièrement en reprenant ce qu’il désigne comme « amatride »

Ceux et celles qui sont intéressés par ce groupe de travail peuvent prendre contact en m’envoyant un mail : michele.vierling@free.fr



L’impasse sexuelle, fictions et semblants
Le pas de deux de la sexuation (suite)

Daniel Weiss


L’impasse sexuelle, c’est ce qui fait l’ordinaire de la clinique analytique. Freud le soulignait de multiples manières dans de très nombreuses textes, Lacan a essayé d’en donner une version formalisée. Il en rend compte en évoquant les « fictions qui rationnalisent l’impossible dont [cette impasse] provient » (Télévision). Fidèle à son habitude il n’en dit pas plus, nous laissant le soin de frayer les pistes qu’il ouvre. 

Au titre des fictions, on pourrait ainsi évoquer :

– les discours traditionnels et leurs références essentialistes, qui organisent et prescrivent les modes de rapports entre les sexes,
– les fantasmes qui, chez les parlants, s’avèrent nécessaire à l’exercice du désir, mais aussi à la construction du récit (hystorisé disait Lacan) de l’histoire telle qu’il se déploie dans l’analyse,
– mais également la manière dont s’organisent les identifications sexuées, ce que dans le lexique lacanien on désigne comme « semblants ». On notera que, dans ce domaine, les assignations sont aujourd’hui moins rigides qu’autrefois. La théorie freudienne qui fait vaciller les semblants y est pour quelque chose. Cela n’empêche pas les fictions qui organisent les identifications sexuées de produire toutes sortes de fixions identitaires et de guerres des identités. Nous en sommes aujourd’hui les témoins.
– Au titre des fictions engendrées par l’impasse sexuelle, on ne saurait oublier les fictions théoriques de la psychanalyse, à commencer par ce qu’on pourrait appeler la fiction freudienne par excellence : le récit œdipien.

*

Je propose une reprise du séminaire interrompu il y a deux ans, en prenant pour point de départ la fiction œdipienne.

Pour des raisons liées à la situation épidémique actuelle, mais aussi pour rendre la participation plus facile pour certaines et certains, un peu éloignés, je propose de faire l’expérience du travail à distance, par zoom. Nous verrons si elle s’avère concluante. 

La première séance aura lieu le 
mardi 25 janvier 2022 à 21 heures.

Les personnes intéressées peuvent m’envoyer un message à l’adresse suivante :

daniel.weiss@club-internet.fr